Une marche sous haute surveillance.
J’aurais aimé parler de la manifestation en faveur de l’immigration comme d’un grand moment.
J’aurais aimé parler d’Emmanuel Gadeossi qui attend dans un camp de réfugiés depuis six ans la possibilité d’avoir des papiers pour travailler.
J’aurais aimé parler de ces enfants qui n’ont pas droit à la scolarité et qui attendent enfermés avec leurs parents.
J’aurais aimé parler de la vision que tous ces gens ont de l’Allemagne, qui est celle d’un pays de libertés et d’espoir en un avenir meilleur.
Je ne vais, en revanche, que retenir une manifestation qui n’a pu avoir lieu et qui a été remplacée par une sorte d’immense mascarade. Une marche bloquée par la police sous des prétextes fallacieux. Cette police qui nous a encerclés, devancés, succédés, étouffés et stoppés pendant plus de cinq heures et qui a exigé que nous retirions chapeaux, lunettes, écharpes pour avancer. Alors des gens se sont déshabillés, mais cela n’a pas suffit. Avec un peu d’imagination, on se serait cru un important convoi d’hommes d’Etats à protéger. Mais malheureusement, pour tous ceux à qui la fantaisie fait défaut, il était aisé d’avoir l’impression d’être dans un pays totalitaire.
Alors, je m’interroge. Quelle image l’Allemagne souhaite-t-elle vraiment donner ?

